Analyse a posteriori de l’évaluation d’histoire sur la révolution industrielle
Consignes données durant l’évaluation par oral
Avant de faire une analyse des résultats des élèves, j’aimerais communiquer quelques informations qui ont été données par oral durant l’évaluation.
Des marges doivent être faites des deux côtés de la feuille, de manière à laisser suffisamment de place pour d’éventuels commentaires ou remarques.
Faire attention à la présentation et à l’orthographe. Il est possible de faire un brouillon si nécessaire.
Pour l’exercice 1, le tableau à remplir demande un certain nombre de petits calculs à faire (pour les ouvriers, la nourriture est parfois pour une semaine et parfois pour le mois entier).
Pour la deuxième partie de l’exercice 1, la consigne de 50 mots a été quelque peu revue à la hausse. Les élèves peuvent dépasser les 100 mots (étant donné qu’il semble assez difficile de faire le tour de la question en 50 mots).
En ce qui concerne l’exercice 2, les élèves ont eu à disposition la légende de l’image. La qualité de l’impression sur la page de l’évaluation n’est vraiment pas de bonne qualité, c’est pourquoi les élèves ont pu disposer d’une copie plus grande et de meilleure qualité au rétroprojecteur. J’ai décidé, avec mon praticien formateur, de leur laisser la légende de cette image, comme elle y apparaît dans le livre d’histoire LEP.
La première partie de l’exercice 2 consiste à rédiger un fait divers ou un court article sur l’événement de l’image. Ayant à disposition la légende, j’ai demandé aux élèves de ne surtout pas plagier cette légende sous peine d’être pénalisé. Les élèves peuvent utiliser cette légende, mais c’est à eux de faire un effort de reformulation sous la forme d’un bref article de journal qui relate l’événement de l’image. Les élèves doivent répondre, avec leurs propres mots, aux questions qui, quoi, où, comment et pourquoi ?
La deuxième partie de l’exercice 2 consiste à se mettre dans « la peau » d’un personnage de l’époque (soit un bourgeois, soit un ouvrier) et de justifier son action ou sa position.
Ici encore je leur ai donné l’autorisation de dépasser les 75 mots si nécessaire, sans toutefois faire une rédaction de 300 mots.
Pour l’exercice 3, je leur ai rapidement rappelé les trois étapes principales de la MAS (Marche à suivre) vue et travaillée en classe : Présentation du document – Description – Interprétation.
Analyse des résultats des élèves et en particulier de trois élèves aux résultats différents
(élève 1; élève 5 et élève 22)
Dans l’ensemble, les résultats sont plutôt moyens. Sur les 22 élèves de la classe, 6 ont des résultats inférieurs à la moyenne (2*3 & 4*3,5). La meilleure note est 5,5 (élève 21 et 22). La moyenne de classe est de 4,3. La majorité des résultats varie entre 4 (7x) et 4,5 (4x).
En ce qui concerne l’analyse des trois élèves aux résultats différents, j’ai choisi de prendre l’élève 1 (3), l’élève 5 (3,5) et l’élève 22 (5,5). Ces différents résultats ont été choisis de manière à avoir des différences significatives dans le type de réponse donnée. Mais il aurait peut-être été plus judicieux de prendre une note mauvaise (3), une note qui est juste à la moyenne et une bonne note (5,5).
Si je commence par le travail de l’élève 1 : l’exercice 1, partie A, a été complété justement à l’exception d’une case du tableau. L’erreur dans ce tableau se paye cash et un demi point est immédiatement soustrait. Cette partie de l’exercice ne doit pas poser de problème dans l’ensemble, étant donné qu’il s’agit simplement de bien lire les documents à disposition et de remettre l’information à sa place. L’élève 1 n’a pas bien lu la consigne qui demandait le total des dépenses alimentaires pour un mois. Il fallait donc diviser 8’500 par 12 ! La plupart des élèves (à l’exception de 4 dont l’élève 5) ont obtenu la majorité des points ou presque pour cet exercice.
En ce qui concerne le travail de l’élève 5, je suis surpris de voir autant d’imprécisions alors qu’il ne s’agissait que de bien lire les documents et replacer l’information là où elle était demandée. L’élève 5 a fait 4 erreurs dans ce tableau et n’obtient donc que 3 points sur 5. Au contraire de l’élève 22 qui n’a pas laissé la moindre erreur dans ce tableau et obtient par conséquent le maximum de 5 points.
En ce qui concerne la partie B de l’exercice 1, je mettais un total de 4 points au maximum : 0,5 point pour la structure (introduction-développement-conclusion) et 0,5 point pour la cohérence (pas d’erreurs). 1 point pour la partie analyse : il fallait affirmer l’opposition ou l’inégalité des deux groupes sociaux. 2 points pour les différents exemples (4*0,5 point par exemple) (logement, habits, santé, durée de travail, conditions de vie des enfants, salaire et budgets, consommation et nourriture, etc.).
Cette deuxième partie de l’exercice 1 consiste à rédiger un paragraphe argumenté qui permette de répondre à la question suivante : monde bourgeois, monde ouvrier : quelles conditions de vie ?
Ici l’élève 5 et l’élève 1 nous donnent 4 exemples et obtiennent donc les 2 points. L’élève 22 ne donne que trois exemples et obtient ainsi 1,5 points. L’élève 1 est la seule à obtenir le point entier pour l’affirmation de l’opposition et inégalité entre ces deux mondes. Les élèves 5 et 22 obtiennent le demi point puisque une différence semble évidente mais il n’en est pas clairement fait état.
Pour le deuxième exercice, partie A, je constate que dans l’ensemble ce point n’a pas posé beaucoup de problèmes. Les élèves 1, 5 et 22 ont tous obtenu la majorité des points, soit l’équivalent de 3 points. 0,5 point était attribué pour le respect de la consigne orale et le fait de ne pas trop paraphraser ou plagier ce qui apparaît dans la légende de l’image. 2,5 points étaient attribués pour répondre aux interrogations (qui, quoi, où, comment et pourquoi). La correction de cette partie A de l’exercice 2 a été corrigée de manière plutôt généreuse. Les élèves étaient pénalisés qu’en cas de plagiat évident.
La deuxième partie (B) de l’exercice 2 semblait plus difficile à réaliser pour un certain nombre d’élèves. En effet, 5 points étaient attribué dans son ensemble. Pour le respect de la consigne (écrire une lettre, dans « la peau de », plus de 75 mots) 1,5 points étaient donné (0,5 point par critère).
0,5 point était donné pour la cohérence générale ou le fait qu’il n’y ait pas d’erreurs ou d’aberrations importantes. 3 points étaient donnés pour la partie analyse. Un point donné par raison ou motif pour le bourgeois ou l’ouvrier qui justifient son action ou sa position.
Beaucoup d’élèves ont obtenu la majorité (dont les élèves 1 et 22) des points dans les parties 1 et 2 (cf grille d’évaluation/exercice 2, partie B), alors que la partie 3 (analyse et justifications du comportement) a semblé plus difficile dans l’ensemble. Cela me paraît normal puisque les élèves ont plus de difficulté à se mettre « dans la peau » de quelqu’un et de justifier ses actions. Le contraire aurait été plus surprenant.
Pour le troisième exercice, les différences de résultats entre les trois élèves sont très significatives. La marche à suivre a été suffisamment vue et travaillée en classe avec d’autres documents ou images. Elle consiste à présenter le document dans un premier temps (nature, auteur, date, source). Cela vaut 0,5 point par élément mentionné correctement. Ensuite vient la description de ce document : 2 points sont attribués (1 point pour la qualité de la description et 1 point pour le fait qu’il n’y ait pas d’interprétation dans cette partie). Pour terminer vient l’interprétation du document (1 point selon la qualité).
1 point était donné à chaque élève qui respectait cette marche à suivre. La présentation, la description et l’interprétation du document apparaissaient de manière séparée.
L’élève 1 n’a pas fait cet exercice et est par conséquent pénalisée des six points que valait l’exercice. Cette élève est particulièrement lente et n’a pas réussi à terminer l’évaluation, malgré les 90 minutes à disposition. Il s’agit plutôt d’une exception puisque plusieurs élèves m’ont rendu leur copie avant la fin des nonante minutes.
Cet exercice a été fait de manière très complète par l’élève 22, qui obtient 5,5 points sur 6. En effet, la présentation du document est bonne, la description précise et complète et l’interprétation convenable. Cette dernière pourrait être plus complète et pertinente, ce qui lui aurait permis d’obtenir la majorité des points (6 sur 6).
L’élève 5 obtient un nombre de points de 3 sur 6. La présentation du document mérite d’être plus complète, tout comme la description et l’interprétation.
L’échelle de ce travail est jointe en annexe. Les seuils ont été décidé avant de corriger le travail et n’ont presque pas été modifiés après le travail de correction. En effet, la moyenne est fixée à 16 points. J’ai été parfois assez généreux dans l’attribution des points par exercice ce qui me permet d’utiliser cette échelle qui n’est pas très avantageuse.
Propositions de remédiations relativement aux problèmes d’enseignement-apprentissage rencontrés par les élèves ou certains élèves
Je tiens à souligner les habitudes très différentes que la classe a en ce qui concerne les évaluations. Mon praticien formateur ne fait pas ce genre d’évaluation avec des réponses sous forme de mini compositions ou des questions ouvertes. Les évaluations d’histoire que cette classe a dû passer sont plutôt des exercices sur la restitution de connaissances assimilées durant le cours. Les conditions du module MS HIS 11 ont quelque peu modifier les règles. Ayant à construire une évaluation dite d’intégration (cf. cadre général de l’évaluation) nous avons décidé de les interroger sur plusieurs thèmes qui avaient été vus en classe.
Cette évaluation a probablement du déstabiliser ou déranger plus d’un élève. Je pense que cette dernière aurait posé moins de problèmes aux élèves si ces derniers étaient davantage entraînés à ce genre d’exercice. Restituer de simples connaissances apprises durant le cours ou avoir un esprit critique sur un événement n’est pas de même niveau taxonomique. En plus les élèves n’ont pas eu beaucoup d’occasions de s’entraîner sur ce genre d’évaluation. On voit clairement sur certains travaux le manque d’habitudes pour répondre à ce type de questions. Les réponses ne sont que peu structurées. Il aurait peut-être davantage fallu travailler durant le cours sur des questions ouvertes de manière a mettre les élèves dans une situation plus proche de celle de l’évaluation.
L’exercice sur la présentation, description et interprétation d’un document a été suffisamment travaillé en classe pour que les élèves puissent utiliser une telle marche à suivre en étant confronté à un tout autre type de document.
Certains élèves m’ont rendu le test après environ 60 minutes. J’ai alors regardé en vitesse l’ensemble de leur travail et en ai renvoyé 3 sur 5 qui n’avaient pas entièrement terminé le test. En effet, les consignes n’avaient pas été suivies dans les règles de l’art. J’ai ainsi souligné l’importance de lire correctement les énoncés des exercices et de se tenir à ce qui était demandé. Malheureusement, j’ai tout de même eu trois élèves qui n’ont pas fait tous les exercices demandés. Deux ont oublié de faire une partie de l’exercice, alors que l’autre n’a pas eu le temps de faire l’exercice 3. Le temps à disposition me semblait relativement long et ne devait pas poser de problèmes. A une exception près! Je pense que cette élève a mal géré son temps à disposition.
Je pense que si les élèves de cette classe étaient davantage entraînés à réaliser ce genre d’évaluation, cela ne leur poserait moins de problèmes et ils pourraient même s’améliorer sensiblement pour répondre à ces questions. Il aurait donc fallu travailler un peu plus sur ce type de réponses (questions ouvertes) durant le semestre pour mieux préparer les élèves.
Les compétences 2, 3 et 5 du PEV ont été travaillées en classe durant les cours qui ont précédé le travail d’évaluation. Il est ainsi normal de retrouver des questions axées principalement sur ces compétences.
Je pense que la partie qui a posé le plus de problèmes aux élèves est la partie B de l’exercice 2. Certains élèves ont eu de la peine à se « mettre dans la peau » d’un personnage (bourgeois ou ouvrier) de l’époque et de justifier son action ou sa position. Cet exercice met en avant les différentes justifications de la part de l’ouvrier ou de la part du bourgeois sur l’événement de l’usine incendiée. Chaque groupe social y défend ses intérêts et ces derniers ne sont pas toujours évidents.
Cela me semble normal que les élèves aient eu plus de difficultés à traiter cette partie, puisqu’ils doivent faire un gros effort de recontextualisation et justifier leurs faits et gestes.
Analyse rétrospective du dispositif d’évaluation
Je rappelle que non pas une, mais deux périodes d’histoire ont été enseignées aux 8 VSG depuis le début du deuxième semestre. Mon praticien formateur a décidé de donner deux périodes d’histoire par semaine grâce au projet d’établissement. En effet, en principe en 8 VSG la dotation horaire en histoire est d’une période et celle du projet d’établissement est de deux périodes. Une inversion a été effectuée de manière à me permettre d’enseigner deux périodes d’histoire par semaine.
Durant le cours, diverses notions ont été étudiées. L’évaluation sur la révolution industrielle porte sur les sujets vus en classe durant les semaines précédant l’évaluation. L’accent est mis sur des analyses de documents (cf. compétence 2) (textes et images). Le passage de l’industrie dite d’Ancien Régime à une industrie plus moderne a été pris en compte. La question sociale de la lutte des classes a été traitée en classe, tout comme les différents progrès dans le domaine de l’industrie au XIXe siècle.
Les sujets ont été étudiés de diverses manières : lecture du livre LEP (p. 699-705/p. 717-725), sources de différents types (textes, images, tableaux, graphiques, etc.), travail sur un extrait du film Germinal de Claude Berri. En outre divers documents sur les ouvriers et les patrons ou sur les causes et conséquences de la révolution industrielle ont été abordés en classe. Les élèves devaient maîtriser ces divers éléments pour réussir cette évaluation. Cependant, certains n’ont pas obtenu la moyenne et n’ont donc pas atteint tous les objectifs visés.
Huit objectifs d’évaluation ont été distribués et commentés aux élèves (cf. annexe) deux semaines avant l’évaluation. Ce document écrit devait permettre aux élèves de mettre l’accent pour leur préparation sur un certain nombre de points étudiés en classe.
Les élèves devaient donc maîtriser la matière vue en cours mais ont éprouvé plus de peine pour la rétribution de cette matière (réponses à développer et non simple restitution des connaissances). Je pense que le fait de travailler sur ce type de questions qui demandent aux élèves de formuler des réponses sous forme de mini compositions est un excellent exercice qui mérite d’être pratiqué beaucoup plus régulièrement dans cette classe. Les résultats devraient être significativement meilleurs au fil du temps et de l’entraînement à disposition.
En ce qui concerne les questions posées aux élèves, j’aimerais revenir sur les différentes consignes données. Pour l’exercice 1 et 2, un nombre de mots approximatif a été donné (environ 50 mots et 75 mots). Cette consigne a été (tout comme le reste de la préparation de ce travail d’évaluation) vue avec mon praticien formateur. Après avoir réfléchi plus longuement, nous avons décidé que pour l’exercice 1, les élèves pouvaient dépasser les 50 mots pour atteindre 100 mots. Le but de cette consigne donnée oralement est de permettre aux élèves de développer davantage et de faire le tour de la question. Je pense qu’à l’avenir, pour être plus précis, il est plus judicieux de donner un ordre de grandeur à respecter au mieux (par exemple une fourchette de 75 à 150 mots ou 100 mots +- 30) ou bien un nombre maximum à ne dépasser sous aucun prétexte (sous peine de sanction).
Bibliographie
Bouillon, J. ; Sohn, A.-M. ; Brunel, F. ;1848 / 1914 Histoire, Bordas, Paris, 1978.
François, D. ; François, J. ; Haurez, R. ; L’époque contemporaine / 3ème, Bordas, Paris, 1971.
Bourgeois, C. ; L’époque contemporaine 1770-1914, LEP, Lausanne, 1999.
Bouhow, M. ; Dourboise, M. ; Evaluer les compétences en classe d’histoire, Louvain-La-Neuve, 2002.
Zola, E. ; Germinal, Livre de Poche, Paris, 1993. (+ DVD de Claude Berri).
Tableau des résultats & échelleCorr.Eval.rév.Ind.objectifs.eval